Fleau du smartphone au volant
Crédti Photo : A. BOUCHER

Sécurité routière : le véritable fléau du smartphone au volant

L’usage du téléphone au volant, bien qu’il soit sanctionné, ne dissuade visiblement pas. Une récente étude britannique montre que la mauvaise habitude de passer des appels en conduisant persiste chez de nombreux automobilistes, notamment les plus jeunes.

En France comme ailleurs dans le monde, l’utilisation du téléphone au volant est un véritable fléau. Si, depuis des années, la sécurité routière mène une campagne acharnée pour le limiter, il est difficile de faire intégrer les bons usages à une part importante d’automobilistes. Et les smartphones, toujours plus performants, nous rendent de plus en plus dépendants…

18% des jeunes passent des appels en visio au volant

Une étude britannique a étudié le comportement des automobilistes avec leur téléphone portable. Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a encore du chemin à faire en matière de sensibilisation à la sécurité routière. Sur 3 000 conducteurs interrogés, il en ressort que 18 % des automobilistes âgés de 17 à 24 ans et 13 % des 25 à 44 ans passent des appels vidéo en conduisant. Ces chiffres sont éloquents et ne rassurent pas. Pourtant, les automobilistes sont déjà sensibilisés à l’impact que peut avoir l’utilisation du téléphone portable en mode SMS ou appel. Que ce soit outre-manche ou à l’intérieur de nos frontières, l’usage du téléphone portable peut être lourd de conséquences et il est pourtant en forte expansion.

Un durcissement des sanctions

De 135€ d’amende à un retrait de permis

En France, la sécurité routière milite durement pour lutter contre l’usage du téléphone au volant. Bien qu’il soit interdit, d’après le Code de la route, de l’avoir en main en voiture ou à 2 roues pour un appel vocal ou un SMS, les automobilistes sont très nombreux à l’utiliser en conduisant.

Le téléphone au volant est une infraction sanctionnée d’une amende de 135€ et d’un retrait de 3 points sur le permis de conduire. Cette amende peut être minorée à 90€ et majorée jusqu’à 750€. Depuis le 1er juillet 2015, les oreillettes, écouteurs et casques sont également interdits. Devant des chiffres de la sécurité routière qui ne baissent pas malgré la réglementation déjà en vigueur, il a été décidé un durcissement des mesures à partir du 22 mai 2020. En cas d’une autre infraction au Code de la route constatée simultanément en plus du téléphone au volant par les forces de l’Ordre, vous vous exposez à un retrait de permis d’office de 72 heures maximum. La rétention immédiate du permis sera possible et suivie d’une suspension de permis pouvant aller jusqu’à 6 mois ou un an en cas d’accident de la route, d’alcoolémie positive ou d’usage de stupéfiants.

Mise à jour du Code de la Route

L’article L224-2 du Code de la Route, qui a été revu et corrigé, prévoit donc un durcissement des sanctions en cas d’utilisation du téléphone portable au volant.

Dans le texte, il prévoit :

« 5°Le permis a été retenu à la suite d’une infraction en matière d’usage du téléphone tenu en main commise simultanément avec une des infractions en matière de respect des règles de conduite des véhicules, de vitesse, de croisement, de dépassement, d’intersection et de priorités de passage dont la liste est fixée par décret en Conseil d’Etat. II.-La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois. Cette durée peut être portée à un an en cas d’accident de la circulation ayant entraîné la mort d’une personne ou ayant occasionné un dommage corporel, en cas de conduite sous l’empire d’un état alcoolique, de conduite après usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants et de refus de se soumettre aux épreuves de vérification prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2. »

Le décret d’application de cette loi détaille les infractions qui pourront être sanctionnées d’une suspension lorsque ces dernières sont constatées en plus du téléphone au volant :

  • Les excès de vitesse ;
  • Le non-respect d’un feu rouge, d’un stop ou d’un “cédez le passage” ;
  • La circulation sur la voie de gauche ;
  • L’oubli du clignotant lors d’un changement de direction ;
  • Le non-respect des distances de sécurité entres les véhicules ;
  • Le franchissement et le chevauchement des lignes continues ;
  • Les dépassements dangereux ;
  • Le non-respect de la priorité au passage piéton ;

À ce jour, seuls les contrôles mobiles sont capables de constater ces infractions. Mais cela est sans compter sur le déploiement en 2021 des radars urbains (radars tourelles) qui, dotés de nouvelles technologies, seront en mesure d’identifier ce type d’infraction.

Que dit la loi concernant l’usage du téléphone ?

L’utilisation du GPS est-elle une excuse valable pour se servir de son smartphone au volant ? Y a-t-il des situations dans lesquelles l’utilisation du portable est tolérée ? D’après la loi, toutes les utilisations du téléphone ou du smartphone sont interdites en roulant dans la circulation. Le simple fait de tenir le téléphone en main est suffisant pour la verbalisation. L’automobiliste ne peut pas utiliser son téléphone y compris à un feu rouge à l’arrêt. Selon l’article R412-6-1 du Code de la route, « l’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation est interdit.« .

Un arrêt de la Cour de cassation du 2 février 2018 précise que le téléphone tenu en main est  interdit y compris à l’arrêt moteur éteint. Pour pouvoir utiliser son téléphone en voiture, le véhicule doit être garé sur une place de stationnement, sauf pour un arrêt d’urgence en cas de panne, par exemple. Et cette loi vaut également pour les deux roues motorisés et les cyclistes. Ces derniers ne se verront pas retirer de points sur leur permis mais recevront une amende de 135€. Néanmoins, si le téléphone fait office de GPS, son utilisation est tolérée s’il est fixé sur un support et si l’itinéraire a été prédéfini avant le départ du véhicule. Les mains doivent rester sur le volant, telle est la règle. L’idéal étant de contrôler son téléphone à la voix.

Le bluetooth toléré

Si les écouteurs et les oreillettes sont interdits, le kit bluetooth est quant à lui toléré. De même pour les motards, les systèmes intercom bluetooth intégrés aux casques sont autorisés. Le téléphone intégré au véhicule ainsi que le mode haut-parleur sont également légaux. Il existe de nombreux kits mains-libres qui vous permettent de prendre vos appels en toute sécurité et de vous épargner ces nouvelles sanctions. Si votre voiture n’est pas équipée d’un système bluetooth, vous pouvez acheter un dispositif qui se clipse sur le pare-soleil. Ils ne nécessitent aucune installation, sont équipés d’un micro et d’un haut-parleur et coûtent entre 60 et 80€.

Quel que soit l’équipement que vous choisirez pour avoir une conversation téléphonique en voiture, n’oubliez pas que cela reste dangereux. L’association de prévention routière souligne que “dès la sonnerie, la concentration du conducteur est détournée de la route” et l’usage du téléphone multiplie par trois le risque d’accident.

Les conséquences de l’usage du téléphone au volant

Répondre au téléphone, pianoter sur son clavier, mettre en route son GPS, écrire un SMS… tous ces gestes ne sont pas anodins dès lors qu’ils se font derrière le volant. Ils peuvent même être lourds de conséquences.

En effet, l’usage du téléphone au volant entraîne :

  • Une augmentation du temps de réaction ;
  • Une augmentation du temps de freinage :
  • Une réduction de la distance de sécurité ;
  • Des difficultés à maintenir le véhicule dans la voie de circulation ;
  • Des difficultés à maintenir une vitesse adaptée ;
  • La réduction du champ de vision ;
  • Des difficultés à s’insérer sans danger dans le flux de circulation ;
  • Du stress, de la tension voire de la frustration ;
  • Une perte de vigilance.

Il convient donc de le laisser à l’abri du regard ou sur un support, et d’être équipé pour l’utiliser avec précaution au sein de son véhicule.

Un stage de sensibilisation obligatoire pour les jeunes

Comme le montre l’étude britannique, le fléau touche avant tout les jeunes conducteurs. En France, si un jeune conducteur encore sous permis probatoire est sanctionné, il écope non seulement de l’amende et des 3 points en moins, mais il se trouve également dans l’obligation d’effectuer un stage de sensibilisation à la sécurité routière sous 4 mois après réception d’une lettre 48N envoyée par le ministère de l’Intérieur. Ce stage permet de récupérer 4 points sur le permis de conduire et de prétendre au remboursement de l’amende forfaitaire hors majoration.

 

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3 commentaires pour “Sécurité routière : le véritable fléau du smartphone au volant

  1. Bonjour , le 20 03 2019 des jeunes ont percuté ma Renault CC garée correctement , devant mon domicile , le conducteur a dit croyiez quelle roulais ! il l a percuté sans freinage ! sa voiture une Peugeot a été détruite te sur le chant ! les deux air-bags de leur auto ont fonctionné ! de mon balcon a 15 m j ai prit des photos ! et plusieurs jours après , en revoyant les photos ! j ai vu le conducteur tenir a la main son portable !!! vu la violence du choc il le tenais a la main ! . Les deux voitures sont reparti sur un plateau du dépanneur ! même le passager était avec son portable .
    Deux autres fois ! les rétroviseurs ont éclatés , conducteurs en face au téléphone !!! et ils ne s’arrête pas Alors souvent il y a des morts , il suffit pourtant de mettre le haut parleur et de le poser !!!
    des inconscients assassins !!!!.

  2. la bonne règle est : interdiction pure et simple de toute communication en temps réel à l’intérieur du véhicule. La messagerie est faite pour enregistrer les communications, et on s’y intéresse à l’arrêt, en stationnement autorisé. c’est la seule solution. même pour les chauffeurs routiers professionnels qui sont enfermés des heures durant et qui ont dit-on « besoin de distractions  » en travaillant (où avez vous vu jouer qu’on doit se distraire en travaillant ?) l’interdiction pure et simple est la seule possibilité ; ou alors on accepte des blessés et des morts en nombre croissant, ou bien on rend les véhicules entièrement pilotés par ordi … sans bugs si possible !

  3. Une seule solution pour combattre ce qui est devenu un véritable fléau, pire que la vitesse au volant ou la consommation d’alcool ou de stupéfiants : le brouillage des ondes lorsque le moteur de la voiture tourne. On doit tout de même bien être capable de mettre en place un tel système, alors plutôt que des vœux pieux, qu’on ait le courage de l’imposer aux constructeurs !

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