Stationnement voitures Paris

Stationnement Paris : des restrictions de plus en plus strictes dans la capitale

La mairie de Paris durcit encore les restrictions pour les automobilistes dans la capitale. Au programme, la suppression de 70 000 places de stationnement de surface au profit de la végétalisation et de la mobilité verte.

La ville de Paris a mené, entre octobre 2020 et février 2021, des états généraux du stationnement. 16 500 personnes, Parisiens et Franciliens, y ont participé. Des acteurs économiques et des associations ont aussi été sollicités. L’objectif : réfléchir à la place de la voiture en ville. Aujourd’hui, on estime qu’elle « accapare 50% de l’espace public tout en ne représentant que 13% des déplacements. »

Le défi climatique, une préoccupation de longue date à Paris

Un plan Climat a été approuvé en 2007 puis actualisé en 2012 et en 2018 (rebaptisé Plan Climat Air Energie territoriale (PCAET) ) afin de relever le défi climatique. Dans ce plan, la ville de Paris s’engage à mener une nouvelle politique afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 75% d’ici 2050 par rapport à 2004. Le Plan Climat vise à dépasser les objectifs européens (moins 20% de CO2) et se veut être une mise en œuvre concrète des engagements de la France pris lors de la COP 21. Pour atteindre la neutralité carbone, la ville doit œuvrer à diviser par deux les consommations énergétiques de Paris et atteindre 100% d’énergies renouvelables en 2050. Dans le cadre du plan Climat, il existe également un plan de déplacement dans Paris avec 5 objectifs stratégiques :

  • Améliorer la qualité de l’air et réduire les nuisances dues au transport dans la ville ;
  • Améliorer la mobilité pour tous ;
  • Valoriser, moderniser, embellir et mieux partager l’espace public ;
  • Encourager la vitalité économique de Paris et de l’agglomération ;
  • Renforcer les solidarités régionales à l’échelle de la zone dense et de sa région.

Par ailleurs, dans le nouveau projet de 2018 qui ne comporte pas moins de 500 nouvelles mesures, la ville a prévu de mettre en avant les actions suivantes :

  • Recycler et valoriser 100% des déchets ;
  • Disposer de transports publics propres en 2025 ;
  • Atteindre 90% d’alimentation durable ;
  • Rénover les équipements publics ;
  • Faire de Paris une capitale 100% cyclable ;
  • Atteindre 40% de surfaces perméables et végétales.

 

Des objectifs ambitieux pour l’avenir

La ville de Paris affiche ses ambitions dans le domaine écologique. La capitale se veut exemplaire. Dans un premier temps, avant de tourner le dos aux automobilistes, la ville de Paris souhaite améliorer la qualité de l’air et ainsi préserver la santé de ses habitants. Elle prévoit d’encourager une mobilité propre, partagée et apaisée et cela passe par l’éviction progressive des véhicules motorisées et polluants à la faveur du vélo et des mobilités vertes et collectives. La ville vise notamment l’objectif zéro diesel en 2024 et zéro véhicule essence en 2030 à Paris. D’ici 2025, la capitale souhaite disposer de transports en commun décarbonés grâce, notamment, à des lignes à haut niveau de service (LHNS – bus électriques) sur les quais hauts rive droite de la Seine, inter-gares et dans le prolongement du tramway T3. Verdir et rafraîchir la ville en rendant accessibles au public au moins 300 îlots et parcours de fraîcheur à Paris d’ici 2030 fait également partie de ses ambitions.

D’ici 2030, un plan d’action opérationnel sera mis en œuvre dans l’objectif de réduire de 50% les émissions de GES, de 35% les consommations et d’atteindre 45% d’énergies renouvelables. Enfin, l’objectif d’ici 2050 est de construire une ville neutre en carbone et 100% à énergies renouvelables.

Une réduction massive des places de stationnement en surface

Afin de remplir ces objectifs et de tenir les engagements du Plan Climat, les restrictions vont se durcir en matière de stationnement dans la capitale. Après la mise en œuvre de zones à faibles émissions, de la vignette Crit’air, la mairie de Paris continue son combat contre la pollution.  « Notre objectif est clair : transformer la moitié des places de stationnement – soit environ 60 ha (ou 68 000 places, NDLR)– pour les dédier à d’autres usages : pistes cyclables, trottoirs, végétalisation, bancs publics, etc. », a témoigné David Belliard, adjoint à la Maire de Paris en charge de la transformation de l’espace public et des transports.

Comment l’équipe municipale compte-t-elle s’y prendre ? Le stationnement en surface sera davantage réservé aux personnes à mobilité réduite, ainsi qu’aux professionnels. Les autres automobilistes seront invités à se diriger vers le stationnement en sous-sol, avec l’inconvénient de ne pas être réparti de manière égale sur le territoire et d’être également onéreux. Pour inciter les automobilistes à stationner dans les parkings souterrains, la ville envisage d’augmenter les prix du stationnement en surface. Les bailleurs sociaux et les particuliers propriétaires de stationnement en sous-sol vont être sollicités pour en faire bénéficier la Ville.

Les deux roues sont également concernés par ces mesures. Les élus comptent bien « réguler et contrôler le stationnement des deux-roues »  en mettant fin à la gratuité de leur stationnement. Autant dire qu’il ne fera plus bon circuler avec un engin motorisé dans les rues de Paris. En tout, ce sont plus de 70 000 places de stationnement qui sont amenées à disparaître. Pour contrebalancer cela, la Ville prévoit de faciliter les déplacements des personnes en situation de handicap, de multiplier les parkings relais gratuits aux portes de la capitale, ou encore de créer une application permettant de localiser l’offre en stationnement en surface comme en sous-sol, par type de véhicule et par type d’usage.

Les Parisiens majoritairement pour

Les Parisiens ont été consultés afin de savoir ce qu’ils aimeraient prioritairement voir à la place de ces espaces de stationnement libérés. À cette question, ils ont répondu : des composteurs, des espaces sécurisés pour les vélos, des mobiliers urbains de détente (bancs, terrasses…), mais ils ont aussi le souhait de l’aménagement « d’aires de jeux, d’espaces enfants, d’Îlots de fraîcheur, de jardins partagés, de pistes cyclables élargies et sécurisées, voire d’espaces pour travailler, d’espaces verts pour séparer les différentes voies, de terrasses pour les restaurants et bars ». L’étude a mis en exergue que 58% des 16.500 internautes qui ont répondu à ce sondage souhaitent la suppression des places de parking. Ils sont donc majoritairement en accord avec la décision politique.

Anne Hidalgo laissera son empreinte

La maire de Paris Anne Hidalgo, réélue en 2020, poursuit son combat contre l’empreinte carbone pour laisser la sienne dans l’Histoire de Paris, mais aussi dans celle de la France et du Monde au sujet du climat. L’horizon 2026, c’est donc, entre autres, la suppression de 70 000 places de parking, soit la moitié des places existantes aujourd’hui dans la capitale. Début mars 2021, l’adjoint au maire David Belliard s’est réjoui, lors de la présentation des résultats de la consultation en ligne, de voir que la disparition du stationnement laisserait place à « 60 hectares, soit trois fois le parc des Buttes-Chaumont ». Ce sondage en ligne montre que les Parisiens ont l’air de bien soutenir l’équipe municipale dans sa démarche écologique. Il semble que la pandémie de Coronavirus et le confinement ont montré les avantages d’une réduction drastique de la circulation automobile. Il faut savoir que la pollution atmosphérique liée au transport routier est responsable d’environ 2 500 décès par an.

Paris n’est pas la seule capitale à prendre de tels engagements. Oslo interdit depuis janvier 2018 les voitures diesel dans son centre-ville, et Amsterdam prévoit la sortie d’ici 2030 des voitures diesel et essence. D’autres villes, comme Londres, optent pour les péages à l’entrée des villes ou encore, l’obtention d’un pass en amont en inscrivant sa plaque sur un site internet afin de savoir s’il est possible d’obtenir le sésame pour circuler en ville, comme c’est le cas dans des villes belges comme Gand ou encore Bruxelles.

En route vers une mobilité douce

Il ne suffit pas de supprimer le stationnement, il faut aussi prévoir des solutions afin que les Parisiens comme les nombreux visiteurs de la capitale puissent y circuler agréablement. La marche, le vélo ou encore la trottinette sont déjà bien développés. En plus d’être non polluantes, ces mobilités présentent l’avantage d’encourager l’activité physique. La Ville de Paris a réaffirmé avec le Plan Climat son souhait de mettre le trajet à pied et le vélo au cœur de la mobilité quotidienne. La capitale a également mis en place un nouveau dispositif appelé “Paris Respire”. Ce dernier consiste à privilégier les espaces de respiration fermés à la circulation tous les dimanches et jours fériés.

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Un commentaire pour “Stationnement Paris : des restrictions de plus en plus strictes dans la capitale

  1. 16 500 personnes consultées…sur 2 Mio de parisiens ….hyper représentatif et 8000 pour les suppressions des places de stationnement ..Il serait interessant de savoir combien sur les 8000 possèdent encore une voiture …Comment faire parler les chiffres sans donner toute l ‘information …..logique quand on possède plus de voiture d ‘être pour la suppression des places de stationnement..

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