Rentabilité autoroutes
Crédit Photo : Stephane Olivier _ Artephoto.com

Chiffres : les sociétés d’autoroutes sont (très) rentables en France

Selon les chiffres partagés par le Sénat, les sociétés d’autoroutes jouissent d’une excellente rentabilité en France. On ne parle même pas de rentabilité mais de « surrentabilité » pour celles qui gèrent plus de 90 % du réseau concédé. Des chiffres qui dépassent tous les excès.

Les chiffres de la privatisation des autoroutes

Depuis 2006 et leur privatisation, de nombreuses autoroutes sont gérées par des sociétés telles ASF et Escota (Vinci), APRR et AREA (Eiffage), sans oublier SAPN et Sanef (Abertis). Cette concession de l’exploitation donne lieu à une rentabilité exceptionnelle.

27 milliards et demi d’euros de dividendes ont déjà été encaissés par les sociétés qui gèrent les autoroutes en France. Selon le rapport édité par les sénateurs réunis au sein d’une commission d’enquête, ce serait encore plus de 40 milliards attendus d’ici la fin des contrats, qui se concluent entre 2031 et 2036.

Au total, ce sont donc 70 millions d’euros de dividendes qui sont attendus sur la période pour les actionnaires. Un chiffre astronomique qui le devient encore plus lorsqu’on le compare à l’investissement initial. Pour récupérer l’exploitation, ces sociétés n’ont versé « que » 22,4 milliards d’euros. Selon le rapport des sénateurs, la rentabilité est « très supérieure aux estimations initiales ».

Un discours qui tranche avec celui des patrons des sociétés en commandite par actions (SCA) qui gèrent les autoroutes. Récemment encore, devant la commission d’enquête, ils parlaient de leur côté d’une rentabilité inférieure à leurs propres attentes.

Vinci et Eiffage vont rapidement atteindre le seuil de rentabilité

Lorsque l’on se plonge dans le détail des résultats, on remarque que les deux groupes Vinci et Eiffage sont les grands gagnants. Le premier, qui exploite des autoroutes au travers des entreprises APRR et AREA, aurait déjà accumulé 9 milliards d’euros de dividendes sur la période allant de 2006 à 2019. Du côté de Vinci, 13,8 milliards d’euros de dividendes ont déjà été récupérés.

Le seuil de rentabilité estimé à l’origine sera atteint dès 2022 pour ASF et 2021 pour APRR. Dans les deux cas, ce seuil sera donc atteint avec 14 ans d’avance.

Le cas est légèrement différent pour Abertis (Sanef et SAPN) dont la rentabilité en fin de contrat devrait être proche de 8 %, le taux prévu initialement.

Les contrats peuvent-ils être remis sur la table ? Cela n’est pas si simple ! « L’État doit être à l’initiative d’un dialogue que les SCA n’ont pas intérêt à refuser explique Vincent Delahaye, à l’origine de la création de cette commission. À moins de risquer que ne soient prises des décisions extrêmes, comme dénoncer les contrats ». Le rapport de la commission suggère de mieux définir l’équilibre économique et financier et d’identifier de manière plus précise l’investissement réalisé. Une manœuvre dans le but d’inciter au réinvestissement et à l’entretien du réseau sans augmentation tarifaire pour les usagers. Les contrats actuels ne sont pas questionnés mais un encadrement plus strict est suggéré…

Retrouvez en détails les informations de cette commission d’enquête partagées par le Sénat sur le site dédié.

Partager l'article

5 commentaires pour “Chiffres : les sociétés d’autoroutes sont (très) rentables en France

    1. C’est évident!
      Le privé c’est le profit, et le public la répartition. Si tout était privé, vous n’auriez plus rien à gérer car votre portefeuille serait vide! Et je vous souhaite de ne pas tomber malade.
      On peut vendre l’ensemble des bijoux de famille pour récupérer de l’argent. Mais il ne faut pas espérer que l’acheteur vous aide à les vendre au bon prix. L’état n’a pas été bon et a vu une opportunité de recuperer de l’argent rapidement sans se soucier de l’après.
      On commence à parler de privatiser les routes secondaires….

  1. Ce n’est pas le problème que ce soit public ou privé, le problème est que le contrat est abusivement avantageux et verrouillé au profit des sociétés exploitants qui ont la liberté de fixer les tarifs. Mais les politiques qui les ont signés au nom de l’Etat ne pouvaient l’ignorer. Pourquoi persistent-ils depuis si longtemps à privilégier cette méthode où le contribuable est volé deux fois ?
    La raison n’est pas glorieuse et politiquement absurde : pas d’argent public à investir au départ, et peu d’argent public reçu à l’arrivée, seulement des enrichissements limités à quelques malins… En milliards…

  2. C’est le gouvernement Sarkozy qui a privatisé les autoroutes. Un tel cadeau ne s’est pas fait sans contre-partie. Sarkozy est notre Trump à nous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut